Par Andrée Tousignant, CRIA
Dernièrement plusieurs articles, dont le journal Les Affaires, évoquaient un retour en force du présentiel et même, pour certains, la « fin de la flexibilité ».
Dans le secteur de la fabrication métallique industrielle (FMI), le débat sur le télétravail est presque secondaire. Le présentiel a toujours été la norme. La flexibilité peut prendre plusieurs formes: en termes de lieu de travail, en termes de temps et en termes de tâches. Pourtant, réduire la flexibilité, l’élément le plus attractif depuis 2020, c’est passer à côté de l’essentiel.
La vraie question dans la FMI n’est pas où on travaille, mais comment et quand.
Pourquoi la flexibilité dérange encore ?
La flexibilité demande quelque chose de fondamental : la confiance.
Et la confiance, contrairement aux règles, ne s’impose pas… elle se construit.
Plusieurs dirigeants préfèrent encore des cadres rigides parce que :
- Ils sont simples à appliquer
- Ils donnent un sentiment de contrôle
- Ils assurent une équité perçue (tout le monde pareil)
Mais cette rigidité a un coût : elle limite l’adaptation aux besoins et aux réalités humaines et opérationnelles.
Repenser la flexibilité autrement
Dans l’industrie, la flexibilité peut prendre plusieurs formes très concrètes :
- Horaires adaptés ou condensés sur 3-4 jours
- Temps partiel (ex. fin de carrière)
- Remplacement de vacances planifié
- Partage de poste (2 pour 1)
- Polyvalence et rotation des rôles
Ce sont des leviers puissants… et souvent sous-exploités.
Et si on changeait de posture ?
Plutôt que d’imposer une règle unique, on peut :
- Clarifier les attentes
- Définir les non-négociables (sécurité, production, qualité)
- Ouvrir des espaces de discussion
La flexibilité ne veut pas dire absence de cadre. Elle signifie un cadre adaptatif et responsabilisant.
Un levier stratégique, pas un compromis
Dans un contexte où :
- La pénurie de main-d’œuvre qualifiée s’accentue
- Les départs à la retraite augmentent
- Le bassin de relève qualifié est insuffisant
La flexibilité devient un avantage compétitif.
Elle peut même être une opportunité :
- D’innovation
- De transformation numérique
- D’automatisation intelligente
À retenir
Et si la vraie rigidité, ce n’étaient pas nos règles…mais notre façon de penser le travail ?
La flexibilité, bien encadrée, n’est pas une perte de contrôle.
C’est un choix stratégique pour rester attractif, agile… et durable.
Votre défi de la semaine: Osez la flexibilité
Cette semaine, posez-vous une seule question : Quelle règle que j’applique à tout le monde pourrait être adaptée à certaines réalités… sans compromettre mes non-négociables ?
La flexibilité ne se déploie pas d’un coup.
Elle s’apprivoise… un pas à la fois.
