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Quand la crise est humaine, la réponse doit être collective

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Par Stéphanie Boudreau

Quand un système informatique « plante », on appelle l’équipe TI.
Quand une machine brise, on appelle l’électromécanicien.
Quand un délai menace les opérations, on contacte la logistique.
Pour la plupart des problèmes, il existe un spécialiste désigné. Mais quand un humain est en détresse, qui appelle-t-on?

Le réflexe est souvent de contacter les ressources humaines — et c’est un bon réflexe. Toutefois, la gestion d’une crise humaine ne peut pas reposer sur un seul rôle. Elle nécessite une mobilisation collective.

Devenir sentinelle en prévention du suicide ne m’a pas transformée du jour au lendemain, mais cela a confirmé une réalité importante : les professionnels RH ne sont pas toujours les premiers témoins de la détresse des employés.es. Ce sont souvent les collègues de proximité et les gestionnaires qui perçoivent les premiers signes, parfois subtils. Par leur présence, leur écoute et leur courage de nommer ce qu’ils observent, ils permettent d’ouvrir un premier espace de soutien.

Ces gestes, parfois discrets, sont pourtant déterminants. Offrir une oreille attentive, briser l’isolement, encourager une personne à demander de l’aide et ne pas négliger les signes, même s’ils sont subtils : ce sont là des actes concrets de prévention. Ils créent un climat où il devient possible de dire « je ne vais pas bien » sans craindre le jugement.

Lorsque la situation dépasse ce que nous pouvons porter, d’autres alliés entrent en scène. Les intervenants des Centres de prévention du suicide jouent alors un rôle essentiel. À l’autre bout du fil, ils prennent le relais avec professionnalisme et humanité, soutenant la personne en crise et accompagnant aussi les proches. Ils deviennent, pour un moment, des membres à part entière de cette grande équipe d’intervention.

Dans ces situations, chaque maillon compte : collègues, gestionnaires, professionnels RH et ressources spécialisées. C’est cette collaboration qui permet à une personne de traverser la tempête, pas à pas.
Voir quelqu’un reprendre doucement pied, semaine après semaine, est une victoire collective. C’est l’étincelle qui revient dans le regard, la preuve silencieuse que l’écoute, la vigilance et la solidarité ont eu un impact réel. Un peu comme un super-héros qui a empêché une catastrophe : personne ne saura exactement ce qui aurait pu arriver… mais nous, nous le savons.

 

Concrètement, que peut-on faire si l’on perçoit une détresse?

La prévention du suicide, comme toute autre gestion de crise humaine, ne repose pas sur des gestes héroïques, mais sur des actions simples et humaines :

1. Observer sans diagnostiquer
Changements de comportement, isolement, propos inquiétants, désengagement inhabituel.

2. Oser nommer ce que l’on observe
« Je te sens différent depuis quelque temps, est-ce que ça va? »

3. Écouter sans vouloir régler
Accueillir la parole, éviter de minimiser ou de chercher des solutions rapides.

4. Ne pas rester seul avec l’inquiétude
En parler à un gestionnaire ou aux ressources humaines.

5. Orienter vers les bonnes ressources
Lorsque la situation dépasse nos moyens, référer vers des ressources spécialisées, comme un centre de prévention du suicide.

 

Ces gestes, posés au bon moment, peuvent faire une réelle différence.

 

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