Connaissez-vous quelqu’un qui a tendance à « péter les plombs » ? À prendre des décisions qui vous paraissent impulsives, irréfléchies ? Il peut être tentant de croire que cette personne se suiciderait sur un coup de tête. Toutefois, dans la majorité des situations, les personnes qui ont des idées suicidaires envoient à leur entourage des messages ou des indices manifestant leur détresse et leur intention. On appelle ces indices des signes précurseurs. On peut les reconnaître à travers des comportements inhabituels, des messages verbaux directs ou indirects, une attitude changeante, etc.
Le suicide est souvent l’aboutissement d’un cheminement douloureux, où la personne à l’impression qu’il s’agit de la seule option qui lui reste pour échapper à sa souffrance. Dans cette perspective, il est difficile de penser le geste suicidaire comme un acte irréfléchi et spontané.
Lorsqu’une personne a des idées suicidaires, il peut y avoir des moments où le risque d’un passage à l’acte augmente de façon significative. On appelle ces moments, des moments critiques. Pour mieux comprendre, imaginez-vous une voiture en équilibre sur le haut d’une falaise. À ce moment précis, chaque geste qui est posé est déterminant pour la sécurité de la personne à l’intérieur de la voiture. Ces moments sont généralement en lien avec les raisons de vivre ou avec ce qui génère du désespoir : ils sont donc différents pour chacun. À titre d’exemple, un moment critique pour quelqu’un qui passe des tests médicaux peut être le moment où la personne reçoit le diagnostic ou le moment où un médecin lui dit que son état ne s’améliorera pas davantage. Pour une autre personne, un moment critique pourrait être lors d’une séparation de couple. De l’extérieur, ces pertes ne sont peut-être pas la fin du monde, mais si elles touchent un élément de raison de vivre et qu’il n’en restait pas beaucoup, ça peut devenir un moment critique.
Les signes précurseurs et les moments critiques sont les principaux éléments dans le repérage des personnes qui pensent au suicide. Cette étape ne constitue qu’un point de départ. Il n’y a qu’un seul moyen de savoir si une personne a des idées suicidaires : lui poser directement la question. Pour vous soutenir, vous pouvez faire appel aux sentinelles dans votre milieu ou contacter le Centre de prévention du suicide de Lanaudière au 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) ou au 450 759-6116.
Par Sophie Hubert, intervenante
Centre de prévention du suicide de Lanaudière
