L’étude souligne que, en 2022, les dépenses en recherche et développement du secteur représentaient plus de 10 % du PIB, soit plus du double de l’Ontario. Cependant, entre 2013 et 2023, la productivité n’a progressé que de 2,7 %, comparativement à une hausse de 37 % en Ontario pour le même secteur.
Parmi les constats, on note que ces investissements se concentrent souvent sur l’adaptation de produits aux besoins spécifiques des clients plutôt que sur la transformation des procédés de fabrication. Cette réalité limite les retombées des dépenses en innovation à des gains ponctuels plutôt qu’à des avancées structurelles.
L’étude met aussi en lumière des défis qui touchent l’ensemble du secteur, comme l’augmentation du taux de postes vacants (de 3,8 % en 2018 à 6,1 % en 2023) et la dépendance du Québec aux importations de machines, ce qui expose l’économie aux fluctuations tarifaires et aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement.
Elle propose trois axes stratégiques pour renforcer le potentiel du secteur :
- L’innovation opérationnelle, notamment par l’automatisation, la numérisation et l’intelligence artificielle.
- Une souveraineté industrielle ciblée, en misant sur des créneaux où le Québec détient des avantages comparatifs.
- Le développement du capital humain et la collaboration entre les acteurs économiques.
Citations portant sur l’étude :
« Ce secteur est stratégique pour toute l'économie québécoise. Il équipe nos mines, nos forêts, nos usines agroalimentaires et nos chantiers de construction. Les leviers de transformation identifiés contribueront à ce que les fabricants de machines du Québec soient ainsi positionnés non seulement comme des créateurs de richesse, mais également comme les leaders incontournables de la transition écologique industrielle. » Et d'ajouter : « En changeant notre rapport à l'innovation, on change aussi notre impact sur la planète. »
- Luc Sirois, innovateur en chef du Québec et directeur général du Conseil de l'innovation du Québec
« Il n'y a pas de solution unique pour le secteur manufacturier. Les réponses passent par une meilleure compréhension des réalités des entreprises et par des actions adaptées, concrètes et réalistes. »
- Julie White, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec
« L'usine 4.0 doit être envisagée comme un levier stratégique, pas une fin en soi. L'automatisation, la connexion des machines, l'utilisation des logiciels et de l'intelligence artificielle, appuyées par les données, permettent de prendre des décisions plus éclairées, de renforcer le capital humain et d'améliorer durablement la productivité. »
- Érick Villeneuve, président de APF Villeneuve et président du CA du créneau Alliance Métal Québec
« L'étude met en lumière une réalité bien connue des entreprises du secteur. L'innovation est essentielle. Présentement, elle sert avant tout à maintenir la compétitivité plutôt qu'à générer des gains de productivité spectaculaires. La R&D vise principalement à améliorer des produits existants et à répondre à des besoins clients de plus en plus complexes. »
- Nancy Allaire, directrice du Créneau Conception et fabrication de machines.
« Comme le secteur de la fabrication de machines conçoit principalement des produits sur mesure, les sommes investies au cours des dernières années en R et D ont majoritairement été pour le développement de produits. Ainsi, elles n'ont pas nécessairement mené à des gains de productivité significatifs. En misant, notamment, sur les avancées technologiques récentes et les progrès de l'intelligence artificielle, les entreprises, souvent de petite taille, pourront améliorer leur productivité dans les années à venir. »
- Richard Blanchet, président directeur général, STIQ
Cette étude constitue une ressource utile pour mieux comprendre les enjeux actuels du secteur de la fabrication de machines au Québec et ouvre la porte à des actions concertées pour accroître la productivité et la compétitivité.
Points saillants de l'étude
Télécharger l’étude complète (source du CIQ)
